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Mardi 21 Août 2007

projection du film "Concerto en noir et blanc " consacré au photographe Lucien HERVE

réalisé par Anne IKHLEF

à la chapelle de la Trinité, île de Groix

Samedi 25 Août 2007

Correspondante Brigitte ADAM

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articles consacrés à Lucien Hervé

Dernière épreuve

Le photographe hongrois installé à Paris Lucien Hervé est mort mardi à 96 ans.

Célèbre pour ses clichés architecturaux, il n’a jamais cessé d’expérimenter dans le domaine artistique. Par BRIGITTE OLLIER QUOTIDIEN : jeudi 28 juin 2007

Dans son appartement aux couleurs primaires, hommage au peintre Mondrian, Lucien Hervé s’amusait de son âge, et s’apprêtait à fêter cet été ses 97 ans. Hospitalisé depuis quelques jours, il est mort mardi soir à Paris, deux mois après avoir exposé une série de tirages à la galerie Camera Obscura, qui dévoilaient, une fois de plus, l’audace de ce chercheur d’ombres qui n’avait pas peur du vide, longtemps tenu pour un photographe d’architec­ture. Or, s’il fréquenta Le Corbusier ou Niemeyer, Hervé fut d’abord un expérimentateur, capable de recadrer à coups de ciseaux ou de se passionner pour les contre-plongées. Comme le souligne son galeriste Didier Brousse, «il jouait très librement avec les tirages, leur format, sans se plier à une quelconque standardisation. Lucien a eu une formation de dessinateur et de peintre, c’était sa manière à lui de retrouver le côté unique du dessin».

Lucien Hervé est né Laszlo ­Elkan, à Hodmezovasarhely (Hongrie), le 7 août 1910, dans une famille de la grande bourgeoisie juive. Il s’ambitionne pianiste : « Jusqu’au bac, je faisais cinq heures de piano par jour.» Etudes secondaires à Budapest, cours de dessin à Vienne. En 1929, installé à Paris, il exerce divers emplois, dont modéliste pour le couturier Jean Patou - mais ses activités syndicales l’exilent vite de la mode.

Révélation. C’est en 1938, alors journaliste à Marianne , qu’il remplace un cousin photographe (Muller). Il bricole des sujets imposés comme le Dernier fiacre à Paris ou la Famille la plus prolifique de France , mitraille la Tour Eiffel, s’essaie au tirage. Et cerne vite son credo photographique : «Solitude oui, intimité, non.» La guerre venue, mobilisé, fait prisonnier à Dunkerque, il est transféré en Prusse orientale. Il s’évade, rejoint la Résistance, nom de guerre : Lucien Hervé. A la Libération, il est réintégré par le Parti communiste, puis réexclu en 1947.

Cette année-là, encouragé par sa femme, Judith, il reprend la photographie, travaille pour France illustration et Point de vue . Sur les conseils du père Couturier, directeur de la revue Art sacré , il photographie la Cité radieuse de Le Corbusier, en chantier à Marseille. C’est la révélation : en une journée, Lucien Hervé prend 650 photos (en fait, il n’a pas de quoi se payer deux nuits d’hôtel) et les envoie à l’architecte, qui en reste stupéfait. Sa réponse est entrée dans la légende et Lucien Hervé se plaisait à la répéter, comme si ce sésame paternel (il a 39 ans, Le Corbusier 62) l’avait convaincu de continuer la photographie : «Vous avez l’âme d’un architecte et savez voir l’architecture.» Jusqu’à la disparition de Le Corbusier, en 1965, ils feront équipe, en Inde ou au Brésil, le photographe devenant le biographe en images du maître du béton.

Pépites.
S’il s’est spécialisé dans la photographie d’architecture (il suivra de nombreux chantiers pour Alvar Aalto ou Marcel Breuer), Lucien Hervé continue ses recherches personnelles, peuplant ses cadrages de silhouettes miniatures. Des enfants en patins à roulettes. L’ombre d’un cycliste sur les pavés. Trois piétons dont les vies se croisent sans un regard, un jour de neige. Les passagers de la gare du Nord. Les bords de Seine. Il n’a pas son pareil pour faire rêver, avec ses changements d’échelle et ses anonymes ravis en plein air. On imaginait une intrigue romanesque face à ce couple fougueusement enlacé au jardin du Luxembourg, leurs visages cachés, et les mains si belles de l’amant aux cheveux noirs. S’en souvenait-il ? Leur avait-il parlé ? Mais non, répondait-il avec malice, il n’y a pas d’histoire. Même s’il ne bougeait plus guère depuis longtemps, Lucien Hervé était plus que jamais présent dans l’actualité photographique, surtout au Japon, où il est très connu.

En 1999, il eut une exposition magnifique, le Beau court la rue, à l’Abbaye de Montmajour, à Arles, aux Rencontres de la photographie. En 2000, les galeries Camera Obscura et Agnès b, très présentes dans la vie du photographe, montrèrent d’autres pépites, avant la parution, en 2001, d’une biographie d’Olivier Beer aux éditions du Seuil.

«L’intérêt de toute la vie, c’est de se trouver soi-même», cette phrase de Hervé, lancée un jour au soleil, pourrait faire son épitaphe. Il sera enterré vendredi, à 15 heures, au cimetière du Montparnasse, comme Gisèle Freund et Man Ray.

Par BRIGITTE OLLIER QUOTIDIEN : jeudi 28 juin 2007

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LE FIGARO du 29 juin 2007

Culture Loisirs | Culture

Le photographe Lucien Hervé est mort

Le photographe français d'origine hongroise Lucien Hervé est décédé mardi dernier, à l'âge de 96 ans. Il était considéré comme l'un des maîtres de la photographie d'architecture même si son oeuvre dépasse largement ce seul thème. Né en 1910, à Hodmezovasarhely en Hongrie, Laslo Elkan de son vrai nom rejoint la France en 1929 et se fait remarquer comme modéliste dans les grandes maisons de couture. La photographie rattrape après la guerre celui qui se fait désormais appeler de son nom de résistant, Lucien Hervé. Son premier travail, un reportage sur la cité radieuse de Marseille est remarqué par Le Corbusier qui en fera de fait son principal collaborateur. Cette proximité ne fut néanmoins pas exclusive. Le goût de Lucien Hervé pour la modernité et les formes le poussa tout naturellement à travailler avec les plus grands architectes de l'époque. En 2000, il s'était vu remettre le grand prix de la Ville de Paris. En 2002, l'association Patrimoine photographique lui avait consacré une rétrospective à l'hôtel de Sully qui révéla au grand public la richesse de son oeuvre.

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Lucien Hervé Article publié le 10 Juillet 2007
Par Claire Guillot Source : LE MONDE
Taille de l'article : 402 mots
Extrait : Le nom de Lucien Hervé, mort à l'âge de 96 ans, restera à jamais associé à celui de Le Corbusier : pendant seize ans, jusqu'à la mort de l'architecte en 1965, le photographe a mis son appareil au service de ses constructions modernistes. Au point qu'on a longtemps considéré Lucien Hervé, à tort, comme un simple illustrateur. En réalité, ses images à la géométrie radicale et aux angles aigus, recadrées sans ménagement et inspirées par le constructivisme russe, ont beaucoup fait pour exalter et révéler la beauté de ces bâtiments. Et s'il a le premier donné à la « photographie d'architecture » ses lettres de noblesse, cette appellation masque cependant une oeuvre aussi inventive que diverse.

 

 

 

page réalisée par Cath. Le Goff 26 août 2007

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